Chute verticale d’un solide

 

I.   Chute verticale dans un fluide

1.  Forces exercées sur le solide

Soit un solide S en mouvement de chute verticale à proximité de la Terre. Ce solide est soumis à trois forces :

a.  Force exercée par la Terre : force de pesanteur

Un objet situé au voisinage de la Terre subit la force de gravitation  qui peut s’identifier à la force de pesanteur .

Définition : On dit que la Terre crée un champ de pesanteur . Un objet de masse  placé dans le champ de pesanteur  subit une force .

Remarque : Le champ de pesanteur est supposé uniforme (  est le même en tout point) dans une zone pas trop étendue au voisinage de la Terre (en réalité,  diminue avec l’altitude).

Explication

b.  Force exercée par le fluide : poussée d’Archimède

Définition : Un corps totalement ou partiellement immergé dans un fluide subit une force  verticale, de bas en haut, de valeur égale au poids du fluide déplacé appelée poussée d’Archimède.

 

 

c.  Force de frottement exercée par le fluide

Soit un solide de vitesse . Le fluide exerce sur ce solide une force de frottement. Dans le cas d’une chute verticale dans un fluide, la force de frottement est de la forme .

Remarque : La force  est colinéaire au vecteur vitesse  mais de sens opposé. Sa valeur est proportionnelle à la vitesse v.

Remarque : Pour des vitesses plus importantes, f peut être de la forme .

2.  Modélisation du mouvement

a.  Equation différentielle

Soit une bille de masse m et de vitesse initiale  en chute verticale dans un liquide.

La bille est soumise aux trois forces précédentes  (voir schéma ci-contre).

 

Référentiel utilisé : terrestre (galiléen par approximation)

2ème loi de Newton : 

 

 

 

 

 

Sur l’axe ox :

 

 

 

 

 

 

 

 

Remarque : Cette équation différentielle est de la forme .

b.  Etude expérimentale (voir TP)

La courbe  a l’allure suivante. Elle possède deux régimes successifs :

c.  Détermination de la vitesse limite

Lorsque  atteint la vitesse limite, on peut écrire :

 

=>

 

 

 

=>

 

 

 

=>

 

d.  Résolution de l’équation différentielle par une méthode numérique (méthode d’Euler)

On a  avec  et .

Si  est petit, on peut écrire  

Supposons qu’à l’instant , la vitesse du solide soit  (conditions initiales du mouvement).

à l’instant  :

 

 

 

à l’instant  :

 

=>

 

à l’instant  :

 

=>

 

etc...

  

 

 

Il est ainsi possible de calculer la vitesse  à chaque instant. La courbe  se rapproche de la courbe expérimentale si  est petit.

II.  Chute libre

1.  Définition

Un solide est dit en chute libre s’il est soumis uniquement à son poids (le fait qu’il n’existe pas de force de frottement impose que cette condition ne peut être réalisée que dans le vide).

Remarque : Lorsque la force de frottement du fluide et la poussée d’Archimède sont négligeables devant le poids, on peut considérer le solide comme étant en chute libre.

2.  Modélisation du mouvement

a.  Equation différentielle du mouvement

Système étudié : le solide.

Référentiel utilisé : terrestre (galiléen par approximation)

Bilan des forces extérieures :  : poids du solide.

Deuxième loi de Newton 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vecteur accélération du centre d’inertie d’un solide en chute libre est égal au vecteur champ de pesanteur .

La projection sur l’axe ox donne :

 

=>

 

(équation différentielle du mouvement)

b.  Résolution de l’équation différentielle

Conditions initiales : supposons que la position initiale (à l’instant  ) du solide soit  et sa vitesse initiale soit .

Expression de la vitesse :

 

=>

 

à ,  

=>

 

 

 

=>

 

 

 

et

 

Remarque : si la vitesse initiale est nulle (  ), alors l’expression de la vitesse devient .

Expression de la position :

 

=>

 

on en déduit :

 

 

=>

 

à t=0,  

=>

 

 

 

=>

 

 

et

 

 

Remarque : si le solide est lâché du point O (  ) si la vitesse initiale est nulle (  ), alors l’expression de la position du mobile devient .